Un quartier, une histoire : « Allègleta doit son nom à un fétiche de Kétou », dixit Nan Assogba

La rédaction 4 septembre 2020

Situé dans la commune d’Abomey-Calavi, le quartier Allegléta a une histoire bien singulière. Nan Assogba, reine mère et adepte du culte Glèlè de la famille Allè dit tout sur ce quartier de la cité dortoir.

Que signifie Allegléta ?
Des populations d’Abomey précisément la famille Bocoga ont été les premiers à s’installer dans ce quartier et en sont les fondateurs. L’histoire d’Allègleta provient d’un fétiche ‘’Allè’’ qui est originaire de Kétou, yoruba. L’épouse de Bocoga, femme de l’un des premiers habitants d’Allègleta avait connu certaines difficultés de procréation. Suite à une consultation chez le charlatan, il a été révélé qu’elle n’est pas née naturellement. Sa mère avait le même problème pour concevoir. Elle a dû faire un pacte avec le fétiche ‘’Allè’’ pour pouvoir accoucher d’elle. Pour concevoir, elle est passée sur ce fétiche, avant de donner naissance à sa fille. Il a été révélé que c’est le fétiche ‘’Allè’’qui est à la base de cette malédiction. C’est ce fétiche que nos aïeux sont allés chercher à Kétou pour venir l’implanter à ‘’Allèwé’’ qui est devenu Allègleta. C’est le nom du fétiche qu’on appelle ‘’Allè’’ et ‘’glétta’’ qui veux dire ‘’Allè sin gleta’’.

D’où proviennent les premiers occupants de ce quartier ?
Les premiers occupants sont les Aguenou, les descendants de Bokoga. Une famille qui est venue d’Abomey plus précisément de ‘’Ouawé’’ parce que nous sommes de la dynastie de Waga de Ouawé. Nous sommes allés nous installer à ‘’Agbanhizoun’’ et c’est de là que nous sommes venus nous introniser à ‘’Godomey Togoudo’’ à Allègléta. Quand la famille s’est élargie, il y a eu de répartition et chacun a pris sa part de terrain.

Comment se présentait le paysage, il y a 50 ans ?
Allègleta était la grande brousse. Les maisons étaient construites avec de l’argile. Il n’y avait pas de voie ni de lumière. C’était des lampions qui étaient utilisés. Les hôpitaux n’existaient même pas. C’était à base des plantes qu’ils soignaient leurs différents maux. Les femmes pour accoucher le faisaient dans leurs domiciles avec l’aide des grand-mères.

Qui sont les premiers habitants du quartier ?
On distinguait juste quelques collectivités sur le territoire. Des grandes collectivités telles que Bocoga, Avomassè, Assogba, Akamadomenoukon habitaient les lieux. Il n’y avait personne à part ces collectivités. Assogba, Atchohoun et Akpata sont les trois premières collectivités venues à Allègléta.

Y-a-t-il de pratiques culturelles attachées à ce quartier ?
Il n’existe pas une pratique culturelle spécifique à ce lieu car c’est une association constituée de plusieurs origines. Nous qui sommes d’Abomey, nous avons notre culture qui nous est propre. Les yoruba ont également leur culture, c’est tout un mélange. Mais il existait une règle selon laquelle, lorsque le vodou Baba doit faire sa sortie la nuit, il y a le couvre-feu tôt dans le quartier.

C’est quoi l’histoire du marché d’Allegléta ?
Ce marché est un lieu fictif. Cet endroit doit amener les personnes les plus curieuses à se poser la question de savoir pourquoi on appelle cet endroit le marché d’Allègleta. Le destin même du quartier est basé sur une histoire. Pendant la période où la zone était moyennement développée, il était difficile de s’approvisionner en condiments. Pour remédier à cela, certaines dames se sont entendues et avec l’accord des autorités, elles se sont installées sur ce lieu. Presque tous les habitants d’ici et d’ailleurs venaient s’approvisionner en matière de condiments et autres. Aujourd’hui, ce marché n’existe plus mais ça garde toujours le nom.
Propos recueillis par : Audronne N’DAH (Stag.)





Dans la même rubrique