Usage des brosses végétales : Ce que révèle la thèse de Giscard Guézodjè

13 décembre 2021

Les brosses végétales présentent des atouts inédits contre les affections bucco-dentaires. L’inventaire de ces espèces au Bénin et le profil phytochimique des plus utilisées ont été faits par Giscard Guézodjè dans sa thèse soutenue le 10 décembre 2021 à l’Université de Lorraine.

La flore béninoise est assez riche pour les soins bucco-dentaires. Giscard Guézodjè, désormais double docteur de l’Université d’Abomey-Calavi et de l’Université de Lorraine, a dévoilé cette potentialité dans sa thèse soutenue sur le thème « Études ethnobotaniques et profils phytochimiques des plantes utilisées dans les soins bucco-dentaires au Bénin ». Les résultats des travaux ont été défendus devant un jury international présidé par le Professeur Mossadok Ben-Attia de l’Université de Carthage en Tunisie. « L’utilisation des brosses végétales est une pratique culturelle pour traiter les affections bucco-dentaires. Mais on s’est rendu compte que les données scientifiques sur leur potentiel thérapeutique sont inexistantes. Dans le cadre de cette thèse, nous avons donc mené une enquête ethnobotanique qui a permis de recenser 362 espèces à usages bucco-dentaires », dévoile Tonahin Giscard Guézodjè.
En réalité, ces plantes jouent deux rôles : l’entretien de la cavité bucco-dentaire et le traitement des maladies bucco-dentaires. L’impétrant est allé au-delà du recensement pour faire l’évaluation de cytotoxicité et d’activités antibactériennes des dix espèces les plus citées. Deux d’entre elles présentent de grands intérêts. Il s’agit d’Anogeissus leiocarpa (Hlihon, en langue fon) et de Prosopis africana (Kaké en langue fon).

« Les résultats du test antibactérien montrent que les plus grands diamètres d’inhibition ont été obtenus avec les extraits hydro-éthanoliques d’Anogeissus leiocarpa et de Prosopis africana. Par la suite, nous avons évalué l’activité antioxydante de ces deux plantes. L’analyse chromatographique des extraits a révélé que les deux principaux flavonoïdes qu’ils contiennent sont l’acide éllagique et la quercétine. Ces résultats consolident l’intérêt que présentent ces deux plantes », a expliqué Giscard Guézodjè.
La thèse a été codirigée par Prof. Hounnankpon Yedomonhan de l’Uac et Prof. Amadou Dicko de l’Université de Lorraine. Aussi bien ces co-directeurs de la thèse que les autres membres du jury ont été impressionnés par la détermination de l’impétrant, sans oublier l’apport de ses travaux pour l’Afrique. « Ces deux plantes comportent des molécules, notamment l’acide éllagique et la quercétine. Ce sont des molécules utilisées dans le traitement des maladies bactériennes, maladies fongiques », a martelé Prof. Hounnankpon Yedomonhan. Les résultats, le nouveau double docteur de l’Uac et de l’Université de Lorraine compte bien les valoriser. Déjà, il a fabriqué une pâte dentifrice dont le prototype a été présenté à la soutenance.





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