A la découverte du centre espoir sports : « Peu d’acteurs maîtrisent notre histoire… »

La rédaction 3 septembre 2020

Le 17 septembre 2020, le Centre de Formation et d’Education Sportives (CeFES) aura exactement 8 ans d’âge. Une pépinière de footballeurs qui se manifeste aussi bien sur le territoire national qu’à l’étranger. Et malgré son expérience invraisemblable, il opère tapis dans l’ombre, avec un objectif précis : donner la même chance à tous les jeunes béninois.

« Nous faisons la politique de nos moyens, mais notre volonté et notre engagement nous ont conduit où nous en sommes aujourd’hui », a souligné le président du centre Charles Titigouéti lorsque nous l’avions joint. Le chemin a été parsemé d’embûches, toute expérience qu’il s’efforce avec ses collaborateurs de mettre à profit. A la date d’aujourd’hui, Espoir Sports (CeFES) a déjà mis beaucoup de joueurs dans les différents championnats nationaux et est lui-même engagé dans la Ligue amateur depuis 2015. « Il faut dire que Espoir Sports a pu produire des enfants qui sont un peu partout. La première promotion se débrouille déjà. Nous avons trois joueurs en Première Division. Au niveau de la Deuxième Division, on a également trois joueurs qui sont en mode prêt au niveau de Tanéka et As Tado. En Troisième Division, nous avons quatre joueurs, toujours en prêt avec Etoiles Filantes de Godomey » précise le président Titigouéti.
Ce que beaucoup ignorent, selon le président du CeFES de l’histoire de CeFES n’est pas essentiellement lié à la création du centre, ni à ses conditions de travail. Mais, son expérience, malgré son jeune âge est son plus grand atout. « Je partage avec vous cette confidence sur quelques jeunes footballeurs connus de tous. C’est une information que beaucoup de gens connaissent mais dont peu d’acteurs maitrisent réellement l’histoire avec CeFES. Charbel Gomez, Pacifique Gbaguidi, Anaane Tidjani, Eric Akplogan (Esae), Islas Adinsi et Bassitou Kotchegbe (Uss Kraké), Léo Chris Codagbe… ont tous pris par CeFES. Je partage cela avec vous parce qu’ils font partie des petits qui avaient fait naître les premiers produits « finis ». Ils ont fait la fierté du centre dans les années 2014-2015. Ils ont fait du CeFES ce que nous sommes aujourd’hui. Ils faisaient parler leurs talents », confie le président du centre.
Mais, le plus dur de l’expérience du CeFES s’est produit en 2016. Le centre était parti pour écrire une page de l’histoire du Football béninois. « Au cours de l’année 2016, si ce n’était un coup de malchance, avec des partenaires italiens, on avait obtenu une opportunité pour faire voyager ces jeunes. Pour lancer ce partenariat, une invitation est arrivée pour Pacifique Gbaguidi et renouvelée trois mois après. Il devrait rejoindre directement Udinese en Italie mais hélas. Je ne peux vous dire jusqu’aujourd’hui, ce qui est à l’origine de l’échec alors que, le test était concluant et il devrait directement intégrer ce club qui était en difficulté dans la Séria A. On n’oubliera jamais cet échec », regrette-t-il.
« De même, Charbel Gomez, pour qu’il aille en France, il a fallu un coup de fil d’un ami à nous pour qu’on le mette dans le réseau afin qu’il puisse partir pour son test en France où il est retenu jusqu’à présent. Il y a actuellement deux autres jeunes formés à CeFES qui sont en France. Avec un peu de chance, des portes s’ouvriront pour eux. Pour les autres, on essaie de rester à leur écoute et voir ce qu’on peut faire pour eux », ajoute-il. D’autres joueurs continuent de faire leur petit bonhomme de chemin à l’image de l’International milieu de terrain béninois Anaane Tidjani qui a signé cet été en Turquie avec Menemenspor pour 2 ans.

Genèse…
Ancien gardien de but du Collège d’Enseignement Général 1 de la Circonscription urbaine de Bohicon, Charles Titigouéti est un passionné du Football. N’ayant pas pu atteindre le niveau professionnel, il s’est voué à travailler pour l’éclosion des jeunes motivés à réaliser leur rêve. Et c’est en 2008 que l’aventure a commencé selon ce qu’il raconte « Alors que j’étais à la maison, mon garçon est allé jouer au CEG Sègbèya (Cotonou) où il y avait une équipe entraînée par un certain Malick. Ensuite, ils m’ont pris comme président de cette équipe ».
C’est à partir de cette petite expérience qu’il s’est forgé. Il a reçu des propositions afin de mettre en place un centre qui s’inscrit dans les normes. « J’ai commencé par rédiger le projet jusqu’en 2011 alors que j’étais … à Cococodji. J’avais à cœur de monter une académie avec comme modèle le CIFAS, qui tel que monté était une académie de référence dans la sous-région. Je me suis associé à certains amis avec qui j’ai organisé une compétition de la refondation du Football dans l’Atlantique, soutenue par MTN et AAT. C’est de là que les activités du centre ont officiellement démarré », détaille le président du CeFES. Le gros projet actuellement en cours, est de faire d’Espoir Sports, un centre d’incubation pour un club de renom hors du Bénin. Depuis 2018, le centre est en partenariat Energie FC et il est considéré comme l’équipe de Jeunes du Club. « Je salue les efforts de la SBEE, qui nous accompagne sans oublier Ciment Bouclier », précise Titigouéti.
Actuellement, Espoir Sports est affilié à la Fédération béninoise de Football (Fbf). Le centre participe aux différentes compétitions organisées par les instances, le ministère des Sports et la Fbf.

La Formation
L’objectif du Centre de Formation et d’Education Sportive (CeFES) est d’être la pépinière des footballeurs pour les équipes au plan national, de la sous-région et même au-delà. Dans son fonctionnement, il offre des services sport et études à ses pensionnaires selon un régime internat et externat. « Nous faisons du sport-études où les enfants sont obligés d’aller à l’école et de jouer au ballon. Nous avons un staff qualifié composé d’hommes très passionnés, le matériel didactique pour une bonne formation, un terrain d’entraînement personnel, le déplacement des pensionnaires assuré par un minibus », explique Titigouéti.
Pour devenir pensionnaire du CeFES, les enfants prennent part à un test de détections. Le centre, à travers un avis, invite les parents à inscrire leur enfant pour l’évaluation. Au nombre des critères, l’enfant doit présenter un certificat médical détaillant son aptitude à faire le sport mais aussi son niveau académique. Ensuite « On fait le point aux parents pour qu’ils s’engagent », ajoute le président du centre. Espoir Sports CeFES forme dans trois catégories d’âges notamment les moins de 13 ans, 15 ans et 17 ans. Depuis 2014, le centre participe à toutes les compétitions organisées au plan national. « Nous avons pris part au Tournoi international des centres de formation (Tic2f) qu’organise Daouda Mounirou qui a révélé beaucoup de nos joueurs. Notre première participation était en 2014 où on a terminé 3ème. L’année suivante, la compétition a été ouverte aux équipes étrangères. Au cours de cette édition de 2015, nous avons été en demi-finale contre le Ghana et là aussi, on a fini 3ème. Mais, un de nos poulains a fini meilleur buteur. Il joue actuellement à Energie Football club, Léo Chris Codagbe. On a occupé le même rang en 2018 ».
Le centre est classé parmi les trois meilleurs du Bénin dans le classement 2020 dévoilé par le ministère des Sports.

Difficultés
« Vous savez, ce sont des enfants que vous avez pris chez leurs parents. Vous ne connaissez pas leurs habitudes. Le personnel s’échine à gérer ces enfants. Pour d’autres, le niveau scolaire qu’ils affichent n’est pas toujours confirmé. Dès qu’ils rentrent, ils n’arrivent pas à concilier le sport et les études. Il faut essayer de faire le dosage. Ça fait du travail au staff, à l’administration. Les parents veulent le résultat à tout prix. Les moyens financiers sont une difficulté partagée de tout le monde notamment dans l’académie, dans la formation sportive. On fait avec la politique des moyens comme on le dit. C’est une occasion pour saluer le ministère des Sports. Grâce au ministère, depuis 2013, les centres de formation au Bénin ont commencé par avoir de la visibilité. Avant, les centres existaient mais il n’y avait pas une organisation autour. Ces promoteurs s’échinaient sans que personne ne les connaisse véritablement », explique le président du CeFES Charles Titigouéti.
Mais avec la mise en place de la Direction du sport et de la formation sportive, le ministère organise des activités qui ont commencé par donner d’espoir. Il essaie de nous offrir un accompagnement institutionnel et je souhaite que le Ministère et la Fbf définissent une réelle politique et stratégie d’actions pour la consolidation des centres de formation et que les compétitions statutaires de catégories de jeunes soient organisées par la Fbf », conclut-il.
Ali MOUMOUNI





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