Idrissou Moutari, Coach d’Aspac Fc, sur la saison écoulée : « C’était un résultat vraiment mitigé »

La rédaction 29 septembre 2020

Depuis plusieurs mois, le championnat de football béninois est interrompu, en raison de la propagation de la Covid-19. Suite à l’Assemblée Générale ordinaire de la FBF qui s’est tenue le week-end dernier, des dates ont été proposées pour la reprise du championnat au Bénin. L’entraîneur du club portuaire nous livre ses impressions à propos d’une reprise probable du championnat à travers cette interview.

Quels sont les sentiments qui vous ont animé quand vous aviez appris la nouvelle de la reprise du championnat probablement en novembre prochain ?
C’est un bon sentiment parce que ça fait un bon moment qu’on nous a coupés de ce qu’on sait faire, de nos habitudes. Donc, dès qu’on nous a annoncé cela, c’était une source de motivation de reprendre les choses, de retrouver le terrain, de reprendre les entraînements et de revoir sa troupe. C’était quelque chose qu’on attendait tous donc j’étais content.

L’équipe de l’Aspac s’entraînait-elle toujours lorsqu’il n’y avait plus championnat ?
Non. Au début de la pandémie où toutes les choses se sont arrêtées, on a mis en place un plan individuel de travail pour chaque joueur et aussi un plan de travail par groupe en fonction de la zone d’habitation des joueurs. On l’a exécuté pendant 2 mois. Et dès que le championnat a été déclaré annulé, on avait tout arrêté, parce qu’on ne savait pas quand le championnat allait reprendre.

Qu’en est-il alors des entraînements depuis l’annonce d’une reprise probable en novembre ?
Non. Les entraînements n’ont pas encore repris parce qu’on a n’a pas le terrain. On n’est pas une équipe de quartier pour aller tout de suite courir sur les terrains. Il y a une organisation, il y a un certain nombre de choses à respecter. Rien n’est fait encore et on attend toujours l’ouverture des stades.

Quels seront les objectifs de l’Aspac pour la saison qui s’annonce ?
Les objectifs de l’Aspac c’est toujours, comme tout le monde le sait au Bénin, de jouer le haut du tableau. On maintient notre objectif, c’est-à-dire être champion du Bénin et s’il y a la coupe, la jouer et la gagner.

Puisque vous aviez terminé à la 6ème place du classement la saison dernière, quelle lecture faites-vous de cette saison ?
C’était un résultat vraiment mitigé. L’homme propose, Dieu dispose dit-on. Je disposais d’un bon effectif qui pouvait terminer à la tête de classement. Les performances n’ont pas suivi. On a raté beaucoup de matchs, on a fait beaucoup de matchs nuls et quelques matchs gagnés. 6 matchs gagnés, 9 matchs nuls pour 3 défaites plus précisément. Ça fait un peu mitigé donc au regard de notre effectif. C’était ma première année et un nouveau groupe que nous avions mis en place, donc j’espère que cette saison les choses se passeront bien.

Qu’en sera-t-il alors de votre système de jeu la saison prochaine, changera-t-il ?
Le système de jeu n’est qu’une base, un dispositif tactique mis en place. Le véritable problème, c’est comment l’animer quand on a ou pas le ballon. Moi, je travaillerai toujours deux systèmes de jeu. Il s’agit du 4-4-2, qui a plusieurs variantes comme le 4-4-2 losange, et du 3-5-2. Tout ceci se fait en fonction de l’effectif, du profil des joueurs. J’ai toujours procédé de cette manière et ça restera ainsi.

Quelle évolution personnelle ressentez-vous en vous-même à l’issue de vos passages dans divers clubs jusqu’à votre arrivée au club portuaire ?
Je ne voyage pas pour voyager. J’ai un objectif et je signe des contrats de 2 ans. Je ne signe pas des contrats pour durer dans des clubs pendant plusieurs années. Je vais sur des projets sur lesquels je travaille. S’il n’y a pas de continuité, je cherche ailleurs s’il y a d’autres propositions, et c’est le cas. Le plus souvent les gens me proposent autres choses, et je m’aventure sur ce projet. Sinon au Bénin, j’ai fait les Buffles après je suis parti en Arabie Saoudite où j’ai écourté mon contrat de 2 ans en faisant une saison pour des raisons personnelles. Aujourd’hui, je suis à l’Aspac, j’ai un contrat et nous travaillons sur un projet. Malheureusement, la pandémie nous a coupés. La saison passée est comme une saison morte dans notre objectif. Et c’est un peu dommage parce qu’il y a eu des dépenses qui ont été effectuées mais on n’a pas retenu un bon bilan.

Comment jugez-vous votre relation avec tous les membres de l’équipe, des dirigeants aux joueurs ?
Heureusement, jusqu’à présent c’est une bonne relation. En toute chose, il faut la communication. On a eu des moments difficiles la saison dernière et il a fallu discuter avec le staff, les joueurs et les dirigeants pour chercher une solution ensemble. C’est ce qui a fait notre force et nous a permis de rebondir sur la phase retour du championnat. On a donc une bonne relation. Nous sommes tous des humains et il faut s’exprimer pour donner son accord ou son désaccord quand il le faut afin d’éviter des ruptures sans justes causes.

En tant que coach de l’Aspac et au regard de la saison passée, quelle équipe donnez-vous favorite pour une nouvelle saison ?
Je ne cache pas mes mots, et pour moi, ce sera Aspac. Je ne suis pas à Aspac pour jouer les derniers rôles. Je suis à Aspac pour un objectif et j’ai aussi des objectifs personnels. Aujourd’hui, je fais mon recrutement et je construis mon équipe pour être au-dessus des autres. Personnellement, je me mets parmi les favoris et je laisse les autres aussi donner leur opinion. J’ai foi en moi en me donnant favori. Je connais bien le championnat pour y avoir passé ma troisième saison. L’essentiel est de cuisiner ce qu’il faut pour pouvoir dominer les autres.
Propos recueillis par Jerry GANDAHO (Stag)





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